Mon Premier Marathon, Munich Medien Marathon

10 Octobre 2004

C'est décidé, pour mon premier marathon, nous serons au départ du Medien Marathon de Munich le 10 octobre 2004. Grande décision bien réfléchie pour moi, il n'y a pas de raison pour ne pas aller plus loin que le semi marathon...

Mais avant l'inscription, un petit test s'impose et la multitude des formules de courses en Allemagne m'en offre l'occasion: une course au profit d'oeuvres charitable pour lutter contre la lèpre organise la fameuse course du souvenir (Gedächtnislauf près de Würzburg). Pas de classement, seulement participer pour faire un don et courir sur la distance qu'on veut ou qu'on peut, à savoir 10, 21, 28 ou 42. Chaque étape se fait dans un village et si on le sent bien, autant continuer. Me voici donc avec une première course test, qui à cette époque me paraissait colossale: viser les 28kms. Quand même un beau challenge pour qui n'a jamais dépassé le semi marathon... Et grand bonheur pour moi, j'y suis arrivée dans une ambiance hyper conviviale. C'est donc tout bon, je commence l'entraînement pour le marathon.

Un plan d'entraînement à l'appui histoire de ne pas se préparer n'importe comment, j'enchaîne les semaines avec footing habituels, plus séances d'intervalles au stade, les sorties longues (qu'est ce que c'est dur de sortir le dimanche lorsqu'il pleut et qu'on doit s'entraîner seul... là on mesure déjà la résistance psychologique qu'il faut développer...)

Et puis c'est le jour J qui approche. Nous avons réservé un hôtel tout près du stade olympique d'où le départ du marathon se fera. Pourquoi avoir choisi Munich? Archi simple... Mon Chéri l'a fait l'année précédente et m'a raconté son impression de transe lorsque, à l'arrivée au stade, il y a la traversée du fameux tunnel disco qui te gonfle pour les derniers mètres dans le stade avec lumière psychédéllique, musique à fond, fumigènes... bref je voulais vivre ça aussi! sans parler du ravito bière au km 40 évidemment!

J-1, retrait des dossards, je suis électrisée de stress. Le stade est immense, le temps? un vrai temps d'octobre: froid et pluvieux. Jour J. Lever le matin à 6h, petit déjeuner tranquille à l'hôtel et on se rend à pied sur le stade où il y a déjà foule de monde. Maintenant, H-15' il faut se mettre dans le sas de départ... Attention, pas n'importe quel sas: c'est l'allée Louis Spiridon! Ouch, quel stress, je ne veux plus courir! sortez moi de là!!! Mais non, ce sont 10,000 coureurs qui sont là pour le même dépassement de soi, tout ira bien! Dernier bisous, on se serre très fort, le 1er sas départ s'est élancé, il est 10h du matin. Mais pour nous ce sera encore 10mins de patience avant de voir tout le monde partir tranquillement. Claus reste avec moi quelques mètres, mais oui tout va bien le mental est là! Et hop le voilà parti à son rythme et moi au mien.

Je me suis fixée plusieurs objectifs... le 1er étant de finir avec le sourire, le 2nd en moins de 5h, le 3ie en moins de 4h50, le 4ie en moins de 4h45.... Bref, suffisamment pour être contente à l'arrivée quel que soit mon temps du moment que je ne souffre pas. Le parcours est une vraie visite guidée de la ville. Dommage que le temps soit vraiment gris et brumeux et ne permette pas d'apprécier pleinement les bâtiments historiques que l'on suit. Nous contournons le stade olympique, pour arriver au centre ville. Nous traversons la zone des universités, ensuite Karolinenplatz, je passe le 10km en 1h05, FC contrôlée histoire de se ménager. Nous longeons les musées et la grande bibliothèque, descendons vers la fameuse Marienplatz et non loin de là se trouve la très connue Frauenkirche. Nous allons vers le sud, traversons l'Isar et descendons vers une zone plus industrielle. Là, c'est déjà plus monotone alors le baladeur MP3 est mis à contribution pour aider à déconnecter. Nous sommes au km14 et les orchestres se font plus rares sur le parcours (bon ne soyons pas injustes, au km 16 c'est au moins le 7ie orchestre qui nous encourage... que ça fait du bien!)

Le rythme reste tranquille, je passe le semi marathon en 2h18 et je me sens super bien pour démarrer le deuxième semi. Allez, c'est parti! Tiens, je vois le fameux Michel, toujours déguisé en bon français et qui est sur tous les marathons en Allemagne. Quel pitre avec son béret, sa baguette et son drapeau français. Il fait toujours la une des marathons en Allemagne, une vraie icône!

Km27, nous approchons du jardin anglais, très réputé à Munich. Et là j'ai l'impression d'entrer dans une foret merveilleuse. Les spectateurs nous encouragent, nous avons laissé le bitume pour un sol terreux souple mais ferme. Le bonheur de courir dans la verdure. Et puis tout s'enchaîne, je passe le km30 a 3h17 de course, puis 31 puis 32 avec les larmes aux yeux pour chaque nouveau km pour moi (vu que lors de mon entraînement je n'avais jamais couru plus de 32kms, chaque nouveau km est magique en quelque sorte). Ça fait un effet fou! et là j'en double beaucoup qui rencontrent le fameux mur, les crampes et les ampoules (j'ai mon magnésium avec moi et ça aide bigrement) - et moi? Rien! pas le moindre doute, je reste à allure constante et tout va pour le mieux. J'y crois à peine. Sortis du jardin anglais, nous rejoignons la vieille ville. Un stop pour embrasser les beaux parents qui n'en reviennent pas de me voir aussi souriante et en bonne forme sur le parcours au km 37.  Je leur offre la fleur en plastique que notre Michel m'a gentiment offerte sur le parcours ;-)

C'est sûr maintenant, c'est gagné pour moi, tout comme deux grands gaillards près de moi qui arrivent au km 40... allez, on se jette une petite bière?... euh, pas pour moi, j'aime pas la bière! Mais je trinque avec eux, on pousse des cris de bonheur, 41, 42 et le fameux tunnel qui se profile... Je dégage les écouteurs de mon baladeur MP3 et là... grosse déception, ils ont arrêté la musique. C'est nul! Bon l'arrivée au stade olympique sera quand même grandiose, j'en chiale tellement je suis heureuse d'avoir fini et là je regarde mon chrono: 4h39! Youhou! mon cher et tendre que j'ai mis 1h à retrouver à cause de la foule n'en croit pas ses yeux et je pleure comme une gamine. On fêtera ça dignement le soir même, et aussi le samedi d'après avec des potes sur une soirée spéciale marathon, en tenue de course, idéal pour danser (même pas eu de courbatures, j'aurai pu forcer un peu plus quand même!!!) et menu pâtes!!!

Allez, je vais faire graver ma médaille et c'est sûr que je recommencerai!