Que dire de la canicule lors de cette 8ieme édition du marathon du Mont St Michel... Une
hécatombe qui a bien perturbé le déroulement du marathon, au point d'annuler la
course après 3h d'épreuve. Très frustrant et très décevant. Surtout que
l'organisation n'a pas suivi, mais pas suivi du tout...
Revenons donc sur les conditions de courses... et commençons par le retrait des dossards.
Nous sommes informés que les dossards sont à retirer à condition d'avoir son passeport, très
bien et facile. En plus, le plus est de pouvoir les retirer des le vendredi,
plutôt prévoyant. Donc rendez vous à st Malo, visite de la ville et retrait des
dossiers. Là ou on se dit que ce n'est pas top, c'est que Adidas n'a pas prévu
que les femmes ou les petits gabarits vont nager dans un T-shirt (même
technique) taille M hommes (ça fait chemise de nuit au final... en textile
technique, why not!). Mais passons sur ce détail, on ne mettra de toutes façons
pas le t-shirt pour courir.
Mais oh surprise, on se renseigne pour savoir
comment s'organisent les navettes - vagues explications, on va bien les trouver
les navettes entre 13h et 15h - et la douche - ah bon, vous voulez vous doucher
après la course? Ah ben non, ce n'est pas prévu... ça parait étonner les
organisateurs de vouloir se doucher... jamais vu ça, même pour des courses avec
20,000 coureurs. Ca ce n'est pas top - pour précision, nous venons d'Allemagne
pour courir ce marathon et je ne me vois pas monter dans l'avion en tenue de
course après 4 ou 5h d'efforts... Bref, nous trouverons un arrangement avec
notre hotel qui est bien sympathique et des plus accueillant.
Maintenant, jour J de la course. Au départ, pas trop de problèmes, si ce n'est qu'il faut
être prévoyant car les routes pour aller à cancale ne sont pas nombreuses, alors
que les voitures si! Alors 6km de bouchon des 7h15 du matin, ça met dans de
mauvaises dispositions pour le départ. Surtout que rien n'est indiqué vraiment
pour savoir ou aller se garer quand on n'arrive pas par la route principale
(histoire d'éviter lesdits bouchons!) Mais bon, on y arrive - nous avons eu de
la chance!
Pour suivre, le stress du dépôt des consignes avant 8h15 pour un départ à 8h30... et le peu
de toilettes disponibles (mais la c'est partout pareil). Précisons qu’à 8h30 la
température extérieure est de 23degrés... mauvais signe!
Départ donné dans la bonne humeur, soleil de plomb des 8h30 du matin. La fréquence cardiaque
n'est du coup pas optimale, rythme très très molo. Surprise, des le km10 il y a
déjà beaucoup de marcheurs qui ne supportent pas la chaleur (ça a du monter
jusqu'a 35 degrés) et dès la distance semi marathon, beaucoup beaucoup beaucoup
d'abandons et de mauvais coups de chaleur. Les secours commencent à être
débordés et les motos de médecins n'arrêtent pas d'aller d'une urgence à une
autre. Tout le monde souffre, rythme très très lent.
Heureusement, personne ne manque d'eau et même quelques navettes suivent et nous dépassent
pour offrir des bouteilles en plus. Que dire du support et de la sympathie des
spectateurs qui nous offrent aussi bassines d'eau et arrosages bienvenus.
Mais oh déception, au km26 on nous annonce brutalement que la course est arrêtée! Et
oui, tout le monde est forcé à l'abandon. Que c'est décevant et vraiment
frustrant. Ce qu'on ne nous dit pas, c'est qu'on peut continuer en marchant...
et là tout le monde attend patiemment de savoir ce qui va se passer. Nous sommes
très nombreux à ce point et très très frustrés. Point d'honneur pour les
nombreux bénévoles le long de la course, chapeau (rond des bretons évidemment!)
pour leur calme, leur sourire et stoicité face aux grognements. De même pour les
secouristes qui ont eu bien du travail et des soucis, ça n'a pas été une partie
de plaisir pour eux, loin de là.
Et enfin, après 40min d'attente en plein soleil (et quelques malaises de plus pour
certains) un bus arrive - mais il est bondé! Nous qui sommes déjà un peu
stressés à cause de notre avion réussissons quand même à monter, croyant que
c'était là la bonne option.
La GALERE commence donc... le bus met près de 3h à arriver au Mont St Michel, dans des
bouchons terribles. Même en marchant nous aurions terminé en 2h30 le reste de la
distance, et nous serions arrivés plus vite... Récupération des consignes, on ne
passe même pas l'arrivée vu qu'on n'a plus notre puce reprise au point d'abandon
forcé et donc on se précipite pour retrouver une navette qui va vers Cancale.
Quelle frustration de se dire qu'on s'est entraîné pour le marathon, qu'on a
prévu de venir de si loin pour un week-end sportif en Bretagne...
Et là question transport, je dois dire que l'organisation est vraiment mal faite. Sur un site
aussi petit et engorgé que la digue du Mont St Michel se mélangent les bus, les
camping-cars, les voitures, les motos et le piétons sachant que la digue est
occupée par le sas d'arrivée des coureurs.
Donc il est logique que personne n'arrive à passer nulle part. Même chaos sur l'hippodrome
de Moidrey qui n'a qu'un minuscule passage d'accès ou 2 bus ne peuvent pas se
croiser... Donc après 25minutes d'attente dans un bus sous la canicule (avec des
malaises dus à la chaleur pour certains) nous pouvons enfin espérer faire
quelques mètres et 1/2 heure nous suffit a peine à sortir du parking direction
Cancale...
Avouez que des règles de circulation mieux pensées, un accès restreint voire interdit au
site pendant la course auraient grandement facilité les choses. Mais c'aurait
été trop simple de vouloir organiser ou réguler la circulation...
Tant bien que mal nous arrivons a Cancale, courrons pour récupérer la voiture (vu qu'on n'a
pas fait 30km on est encore bien en jambes!) et retourner à l'hotel se doucher
en moins de 3mins pour foncer à l'aéroport de Rennes car il ne reste qu'une
heure pour y arriver, rendre la voiture de location, enregistrer nos bagages et
rejoindre l'avion.... Nous sommes rentrés à bon port, frustrés, déçus et
extenués mais motivés pour s'inscrire au premier marathon qui vient histoire de
passer la ligne d'arrivée et évacuer la frustration. En tous cas, on ne
reviendra pas au Mont St Michel pour le marathon, sauf le jour oú les
organisateurs seront mieux préparés.
Finalement, c'est vrai - la douche n'était vraiment pas nécessaire!