Récit de notre expérience lors de la 8ième édition du Marathon du Mont Saint Michel

19 Juin 2005

Que dire de la canicule lors de cette 8ieme édition du marathon du Mont St Michel... Une hécatombe qui a bien perturbé le déroulement du marathon, au point d'annuler la course après 3h d'épreuve. Très frustrant et très décevant. Surtout que l'organisation n'a pas suivi, mais pas suivi du tout...

Revenons donc sur les conditions de courses... et commençons par le retrait des dossards.

Nous sommes informés que les dossards sont à retirer à condition d'avoir son passeport, très bien et facile. En plus, le plus est de pouvoir les retirer des le vendredi, plutôt prévoyant. Donc rendez vous à st Malo, visite de la ville et retrait des dossiers. L à ou on se dit que ce n'est pas top, c'est que Adidas n'a pas prévu que les femmes ou les petits gabarits vont nager dans un T-shirt (même technique) taille M hommes (ça fait chemise de nuit au final... en textile technique, why not!). Mais passons sur ce détail, on ne mettra de toutes façons pas le t-shirt pour courir. Mais oh surprise, on se renseigne pour savoir comment s'organisent les navettes - vagues explications, on va bien les trouver les navettes entre 13h et 15h - et la douche - ah bon, vous voulez vous doucher après la course? Ah ben non, ce n'est pas prévu... ça parait étonner les organisateurs de vouloir se doucher... jamais vu ça, même pour des courses avec 20,000 coureurs. Ca ce n'est pas top - pour précision, nous venons d'Allemagne pour courir ce marathon et je ne me vois pas monter dans l'avion en tenue de course après 4 ou 5h d'efforts... Bref, nous trouverons un arrangement avec notre hotel qui est bien sympathique et des plus accueillant.

Maintenant, jour J de la course. Au départ, pas trop de problèmes, si ce n'est qu'il faut être prévoyant car les routes pour aller à cancale ne sont pas nombreuses, alors que les voitures si! Alors 6km de bouchon des 7h15 du matin, ça met dans de mauvaises dispositions pour le départ. Surtout que rien n'est indiqué vraiment pour savoir ou aller se garer quand on n'arrive pas par la route principale (histoire d'éviter lesdits bouchons!) Mais bon, on y arrive - nous avons eu de la chance!

Pour suivre, le stress du dépôt des consignes avant 8h15 pour un départ à 8h30... et le peu de toilettes disponibles (mais la c'est partout pareil). Précisons qu’à 8h30 la température extérieure est de 23degrés... mauvais signe!

Départ donné dans la bonne humeur, soleil de plomb des 8h30 du matin. La fréquence cardiaque n'est du coup pas optimale, rythme très très molo. Surprise, des le km10 il y a déjà beaucoup de marcheurs qui ne supportent pas la chaleur (ça a du monter jusqu'a 35 degrés) et dès la distance semi marathon, beaucoup beaucoup beaucoup d'abandons et de mauvais coups de chaleur. Les secours commencent à être débordés et les motos de médecins n'arrêtent pas d'aller d'une urgence à une autre. Tout le monde souffre, rythme très très lent.

Heureusement, personne ne manque d'eau et même quelques navettes suivent et nous dépassent pour offrir des bouteilles en plus. Que dire du support et de la sympathie des spectateurs qui nous offrent aussi bassines d'eau et arrosages bienvenus.

Mais oh déception, au km26 on nous annonce brutalement que la course est arrêtée! Et oui, tout le monde est forcé à l'abandon. Que c'est décevant et vraiment frustrant. Ce qu'on ne nous dit pas, c'est qu'on peut continuer en marchant... et là tout le monde attend patiemment de savoir ce qui va se passer. Nous sommes très nombreux à ce point et très très frustrés. Point d'honneur pour les nombreux bénévoles le long de la course, chapeau (rond des bretons évidemment!) pour leur calme, leur sourire et stoicité face aux grognements. De même pour les secouristes qui ont eu bien du travail et des soucis, ça n'a pas été une partie de plaisir pour eux, loin de là.

Et enfin, après 40min d'attente en plein soleil (et quelques malaises de plus pour certains) un bus arrive - mais il est bondé! Nous qui sommes déjà un peu stressés à cause de notre avion réussissons quand même à monter, croyant que c'était là la bonne option. 

La GALERE commence donc... le bus met près de 3h à arriver au Mont St Michel, dans des bouchons terribles. Même en marchant nous aurions terminé en 2h30 le reste de la distance, et nous serions arrivés plus vite... Récupération des consignes, on ne passe même pas l'arrivée vu qu'on n'a plus notre puce reprise au point d'abandon forcé et donc on se précipite pour retrouver une navette qui va vers Cancale. Quelle frustration de se dire qu'on s'est entraîné pour le marathon, qu'on a prévu de venir de si loin pour un week-end sportif en Bretagne...

Et là question transport, je dois dire que l'organisation est vraiment mal faite. Sur un site aussi petit et engorgé que la digue du Mont St Michel se mélangent les bus, les camping-cars, les voitures, les motos et le piétons sachant que la digue est occupée par le sas d'arrivée des coureurs.

Donc il est logique que personne n'arrive à passer nulle part. Même chaos sur l'hippodrome de Moidrey qui n'a qu'un minuscule passage d'accès ou 2 bus ne peuvent pas se croiser... Donc après 25minutes d'attente dans un bus sous la canicule (avec des malaises dus à la chaleur pour certains) nous pouvons enfin espérer faire quelques mètres et 1/2 heure nous suffit a peine à sortir du parking direction Cancale...

 Avouez que des règles de circulation mieux pensées, un accès restreint voire interdit au site pendant la course auraient grandement facilité les choses. Mais c'aurait été trop simple de vouloir organiser ou réguler la circulation... 

Tant bien que mal nous arrivons a Cancale, courrons pour récupérer la voiture (vu qu'on n'a pas fait 30km on est encore bien en jambes!) et retourner à l'hotel se doucher en moins de 3mins pour foncer à l'aéroport de Rennes car il ne reste qu'une heure pour y arriver, rendre la voiture de location, enregistrer nos bagages et rejoindre l'avion.... Nous sommes rentrés à bon port, frustrés, déçus et extenués mais motivés pour s'inscrire au premier marathon qui vient histoire de passer la ligne d'arrivée et évacuer la frustration. En tous cas, on ne reviendra pas au Mont St Michel pour le marathon, sauf le jour oú les organisateurs seront mieux préparés.

Finalement, c'est vrai - la douche n'était vraiment pas nécessaire!